Les nouveaux politiciens

La technologie contrôle-t-elle le monde, les politiques et l’économie d’une société désastreuse ? La réfraction d’une société archaïque vers un monde connecté, prenant et surnaturel.

La première image à vous dessiner serait probablement les lunettes de Steve Jobs. « Vous pouvez chacun déposer votre empreinte, créer vos propres objets et changer l’univers. Le monde a été construit par des gens pas plus intelligents que vous ». Les fameuses paroles idéales, magiques, qui vous emportent vers un monde de contre-culture stimulant, par l’intermédiaire d’une simple idée conductrice d’un nouveau monde. Mais cette idéologie inaugurée par les hippies de l’ouest ne serait-elle pas simplement utopique, ne serait-elle pas une vision trop étriquée de la vie, qu’on ne peut imaginer plus belle ? Le fait de vouloir révolutionner l’économie mondiale par quelques capteurs et pixels bien pensés, abreuvera largement les discours de l’époque, annonçant le triomphe d’une « nouvelle économie » promue par ces nouveaux entrepreneurs, héros et nouveaux artistes de la société…

L’histoire de l’ordinateur, moi la technologie, face à la politique, remonte aux années 60, lorsque tous les éléments de l’utopie numérique et l’avènement de la micro-informatique et des réseaux dématérialisés, offrent le moyen pour l’individu de s’émanciper d’une société hiérarchique, bureaucratique et aliénante. L’heure de concrétiser sa vision était prisée. Quitter sa société, ses politiques, pour la vie créative, laisser derrière soi ses institutions afin d’explorer sa propre créativité, devenir des citoyens émancipés et changer le monde. Arrêter de se cogner entre deux murs et désamorcer la bombe à retardement qu’est la vie.

Aujourd’hui cette vision du progrès est abordée régulièrement par de nombreuses startups qui émergent sur le marché de l’innovation. Beaucoup d’entre elles pensent révolutionner un univers trop ancien et pas assez adapté aux méthodes de vies actuelles, en lançant des applications, des plateformes, et toutes autres formes de créations. Dès lors, si vous suivez le rythme de ce marché quelque peu abondant, le micro-logiciel se doit d’être un futur optimal, qui pourrait changer les manières de consommer, de produire et d’imaginer l’histoire de l’humanité. Les hippies des années 60 auraient donc crée un véritable mouvement planétaire, une vague de nouveaux artistes, qu’on peut dire politiciens. Ils contrôlent le monde, vos choix, et votre vie. Vous consommez et vous achètent.

J’en viens donc à insinuer que le monde actuel est contrôlé par ces nouveaux artistes. Effrayant ou pas, insignifiant ou non, ce sont eux qui ont révolutionné votre manière de vivre. Et n’ont en aucun cas terminé de vous vendre leur génie. L’agriculture se verra changée et plus modernisée dans quelques années, les transports seront plus optimisés, plus rapides et plus sécurisés, la technologie Beacons offrira de nouvelles perceptions au commerce, de nouveaux emplois vont être créés, en clair, de nombreux domaines vont êtres bouleversés d’ici les dix prochaines années. La startup ne créera plus seulement de plateforme web, mais offrira de nouvelles solutions à l’humanité et corrigera le caractère malsain de l’État.

La vie n’est que lois et règles à respecter. Vous pensez tous qu’il y a un parcourt à suivre et des choix judicieux à réaliser. Mais pourtant la vie vous réserve une expérience que vous devez aborder de manière différente, vous devez vous aussi dessiner vos propres schémas du monde, vous pouvez bâtir un lendemain qui vous satisfait, et je dirais même, adapté à l’évolution. Toutes ces politiques, tous ces hommes à dénigrer sans peine, vous devez les bouleverser. L’entrepreneur de l’époque avait raison, vous devez avancer et vous passer parfois de la « vie réelle ». Vous devez créer l’avenir. Vous devez vivre. Alors qu’avant les jeunes rêvaient d’écrire des poésies ou un roman, changer le monde par des vers magnifiquement bien pensés, la nouvelle manière d’être créatif et de vous exprimer c’est d’être dans le business. De la même manière que ces jeunes seraient venus à Paris ou à New York pour être au milieu des écrivains, ils viennent en Californie pour être au milieu des techniciens et ingénieurs qui veulent plaire et imposer une correspondance entre leurs idées et l’expérience utilisateur. De la même manière qu’ils auraient appris les vers et la poésie, ils apprennent le code. C’est une dynamique très similaire qui aujourd’hui, ne remplace pas la politique, mais qui contrôle le monde, sans aucun doute.

Laisser un commentaire ?